Kahelisme

De Bibliothèque de Volrajh

Le Kahelisme est un dérivé du Katagisme que l'on ne retrouve que dans les Terres perdues du Sarnaï. Il n'est pratiqué que par les gens qui y vivent et reste méconnu des autres mortels de Volrajh.

Historiquement, le Kahelisme est l'oeuvre de Moronmas le Déïde, bien que ce n'était pas le résultat qu'il attendait.

Croyance du culte

Philosophie

La philosophie Kaheliste est une dérive de celle partagée par le Katagisme, elle s'est énormément épurée au cours du temps suite au départ précipité de Moronmas qui enseignait la Foi du Katagog aux sarnais. Certaines notions ont perduré ou ont évolué, d'autres encore ont tout simplement disparu.

Les kahelistes vénèrent le Katagog dont le nom a vieilli pour devenir "Kahel", ils sont conscient de son effort pour la Grande Création et reconnaissent les Déïdes comme ses fils. Kahel est vénéré et remercié pour ses créations quelles qu'elles soient, tels des Déïdes comme Joudeng, les terres du Sarnaï et tout objet de la création... Les créations elles mêmes ne reçoivent pas de gratitude, le Kahelisme s'engage dans le fait que toute création effectue son rôle naturel, Joudeng par exemple n'est pas remercié par les sarnais pour ce qu'il a fait, mais Kahel l'est pour avoir incombé à Joudeng d'agir.

Ainsi, la confession si chère aux kahelistes s'est mutée en une reconnaissance personnelle des déviances de Foi, chaque individu apprend dès son plus jeune âge à reconnaître ses erreurs et à les assumer afin de regagner son honneur, l'honneur étant un concept très important puisque c'est ce critère qui définit le chemin de l'âme. Cependant, la doctrine kaheliste ne reconnait que peu d'actes déviants contrairement au Katagisme.

Les kahelistes ont une vision de l'âme très proche de l'idée katagiste. Elle reste l'essence de la création qui sera réutilisée par Kahel à la mort du corps. A savoir que les kahelistes considèrent que la perte d'honneur entache la pureté de cette essence et altère donc la Grande Création d'une façon ou d'une autre.

Symbolisme

Kahel n'est jamais représenté dans la doctrine kaheliste. Moronmas le Précepteur n'eut que trop peu de temps pour bien inculquer l'image de son père aux sarnais. Les notions de Force Créatrice et de Force Destructrice ont bel et bien été amenées par le Déïde, mais n'ont pas perduré après sa disparition, cette idée de "Force" est aujourd'hui bien oubliée et n'a pas été remplacée ou substituée.

Le Kahelisme entretient pourtant l'idée que Kahel est présent dans toute chose, qu'il est dans tout ce qui entoure sans l'être vraiment.

Écrits sacrés

Le Kahelisme ne possède pas de récits sacrés, c'est une foi qui perdure dans le temps grâce à une transmission orale qui se fait uniquement à Halmar, dans le Sanhkahel.

Les Déïdes

Les kahelistes connaissent les Déïdes en tant que "Enfants de Kahel", mais ils ne les vénèrent pas et les considèrent comme des semblables historiques à l'honneur surdimensionné.

Les gens du Sarnaï ne connaissent que très peu de Déïdes étant donné que leur nombre s'élève à quatre.
Ils reconnaissent Joudeng du Sarnaï, Moronmas le précepteur du Kahelisme, Tsuhte la voix du Sarnaï ainsi que leur sœur et ennemie, Lubine du Tormont.
D'autres Déïdes sont inéluctablement passé par le Sarnaï, mais c'était sans que ses habitants s'en rendent compte où affirment la présence d'un cinquième enfant de Kahel.

Organisation du culte

Les Sethnums

Les Sethnums sont l'équivalent des Veilleurs du Katagisme pour le Kahelisme. Ils sont les uniques représentants officiels du Kahelisme dans le Sarnaï et au delà. Le Sethnum chargé de diriger les autres est nommé le plus simplement du monde "Grand Sethnum".
Le corps religieux forme ainsi le Khanat Sethnum, composé d'au moins six-cents Sethnums et dirigé par le Grand Sethnum qui y occupe une place de Khanefet.
Il n'existe que très peu de façon de rejoindre le Khanat Sethnum, il faut soit y être invité par le Grand Sethnum, soit avoir son approbation. Il arrive parfois que des parents cherchent à confier leurs jeunes enfants aux Sethnums, ils recevraient alors une éducation religieuse.

Les Sethnums sachant se battre ne sont pas rare, ils suivent les mêmes principes guerriers que tout sarnais qui se respecte. Mais ils ne sont pas pour autant de véritables guerriers, on préfère souvent les laisser s'occuper de l'éducation des jeunes plutôt que d'aller aux combats.

Le Grand Sethnum est également tenu de faire respecter une pratique ancestrale: l'échange de Sethnum. Chaque Khanat doit passer à Halmar, au Sanhkahel, pour récupérer un Sethnum qui le suivra partout. Il est d'usage de changer de Sethnum à chaque passage à Halmar.

Les sanctuaires

Le Kahelisme ne possède qu'un seul et unique sanctuaire, c'est le Sanhkahel, à Halmar. Le mot "sanctuaire" n’est d'ailleurs par connu des sarnais qui se contentent de nommer la grande bâtisse "Sanhkahel".

Le peuple sarnais étant très fluide sur ses déplacements et son absence de villes ou de villages, les nomades veillent à installer un petit autel de fortune appelé "Sanhk" afin de substituer le Sanhkahel et d'effectuer les rîtes même loin d'Halmar.

Le Sanhkahel

C'est un des seuls grand bâtiment de la ville de Halmar, le seul sanctuaire des Terres perdues du Sarnaï et de ce fait le seul bâtiment de la foi Kaheliste.

C'est un des plus vieux bâtiments de la ville, d'ailleurs on dit très souvent qu'il est vieux de plusieurs millénaires bien qu'il ait été détruit à de nombreuses reprises à cause d'incendie et même déplacé une fois.

Il est aujourd'hui placé à la porte Sud de la ville, lieu propice aux grands rassemblements puisqu'il n'est pas rare de déplacer les cérémonies en dehors des murs pour contenir l'importante foule. Le bâtiment est le lieu de vie permanent du Khanat Sethnum.

Le Sanhk

Lorsqu'un Khanat établit son camp quelque part, il est d'usage de réserver un endroit au centre du campement, réservé aux cérémonies, prières et autres événements religieux.

L'autel se compose généralement d'un piédestal en bois où est déposé une relique chère au Khanat qui l'utilise, généralement une arme ou un souvenir d'un ancêtre très respecté et honorable.

Liturgies et rites

L'ensemble des actes religieux que connaissent les sarnais sont voués à la même cause, rendre hommage à Kahel et le remercier dûment pour sa Grande Création. Il n'est pas rare de s'exclamer "Yos Kahel" ou encore "Baher Kahel" à la fin d'une cérémonie ou encore dans différentes situations, ces deux expressions de la langue sarnaisse signifiant littéralement "merci Kahel".

Sacrements

  • Le türno: La mise au monde d'un enfant s'effectue en privé en la compagnie d'un Sethnum. Ce dernier est la première personne à tenir l'enfant qu'il brandit face à lui en répétant un texte de sa création personnelle expliquant à l'enfant qu'il est d'une manière ou d'une autre la création de Kahel et qu'en contrepartie, il a toute une vie pour créer son honneur. Une fois le court sermon effectué, l'enfant est rendu à ses parents qui lui attribuent un prénom dont seule la mère peut décider et le chérissent tout naturellement. Il est d'usage pour les proches des jeunes parents de leur faire une offrande utile: nourriture, objets pour le nouveau né, services et autres biens...
  • Le nasand: C'est une cérémonie durant laquelle les parents décrètent que leur enfant est devenu un adulte. Cet événement advient généralement lorsque l'enfant a atteint les vingt ans mais il peut arriver aussi bien plus tôt que plus tard, l'élément décisif étant la place que l'enfant occupe au sein de la société et donc du Khanat. Si l'enfant est bien intégré, ses parents vont le juger apte à se séparer d'eux, à subvenir à ses propres besoins et à trouver une compagne et fonder sa famille et le nasand aura lieu, dans le cas contraire la cérémonie sera retardée jusqu'au moment opportun. Le nasand est une petite cérémonie au cours de laquelle les proches sont conviés à un festin, l'enfant recevra alors, au milieu de la petite fête, un présent de ses parents qui lui sera utile pour sa vie future, la soirée ne pourra ensuite continuer que lorsque Kahel aura été remercié pour toute cette création. Un Sethnum doit être présent pour témoigner de la cérémonie.
  • Le khurikh: Il consiste en l'union de deux personnes et annonce donc la fondation prochaine d'une famille. Seul un Sethnum peut accorder le droit de khurikh, pour se faire, les deux prétendants doivent se présenter à lui et affirmer leur désir commun de s'unir. Une fois l'accord donné, une cérémonie peut être organisée autour d'un Sanhk, elle consiste généralement en un banquet autour d'un feu de joie où danses et lutte sarnaisse peuvent s'effectuer. Les deux prétendants annoncent leur union au beau milieu de la soirée et chacun en remercie Kahel. Il est coutume pour ceux qui le peuvent d'offrir des biens pouvant être utiles aux personnes fraîchement unies. Le khurikh implique la fidélité et le soutient et ne peut être annulé, la conception d'un ou plusieurs enfants devient par la même occasion une priorité. En cas de manquement à une de ces trois obligations, un Sethnum peut ordonner le lynchage des concernés en guise de punition et d'avertissement.
  • La khepuhel: C'est l'ultime cérémonie pouvant être reçue, celle qui officialise la mort d'une personne. Les proches doivent tout d'abord draper le cadavre et le rendre rigide à l'aide d'atèles. Un rassemblement publique est organisé autour d'un Sanhk et où est disposé la dépouille, dirigé par un Sethnum demandé à cet effet. Le Sethnum récite un sermon de sa création, rappelant l'importance de l'honneur vis-à-vis de la Création et de l'âme, il invite chacun à remercier Kahel, comme à l'habitude puis quitte la cérémonie. Là, qui veut s'exprimer au sujet du défunt le peut et lorsque plus personne n'a à dire, les personnes les plus proches, à savoir le conjoint, les enfants ou encore les parents, emportent la dépouille enveloppée dans un tissus et le mettent en terre à l'endroit de leur choix. Cet emplacement n'est pas retenu et ne sera pas une marque de souvenir, contrairement aux objets du défunt. La khepuhel n'a pas lieu pour les personnes dont le corps n'est pas retrouvé.
  • L'urvahnn: C'est un fait très rare mais toujours envisageable qui vise à infliger une ultime punition à un individu sarnais. Dans certains cas, ils arrivent que des sarnais peu honorables se voient demandés de subir l'urvahnn, c'est une cérémonie durant laquelle la personne est punie pour son manque flagrant d'honneur et de volonté d'en avoir. Les Sethnums accordent rarement l'organisation de cette punition et lorsqu'elle se fait, c'est qu'un Sethnum lui même la désirait. L'accusé est traîné de force au Sanhk où une assemblée de gens l'attend, le Sethnum dispense un sévère sermon sur l'importance de l'honneur et son impacte sur la Création, puis, ceux qui le souhaitent s'avancent et lynchent publiquement l'accusé, roué de coup, insulté, sali, les méthodes sont nombreuses et chacun y va généralement dans un esprit de gravité, non pour faire du mal mais pour faire entendre raison à l'âme en perdition.

Rites

  • Itgeh: Il consiste en un petit rendez-vous quotidien et solitaire face au Sanhk ou au Sanhkahel dans le but de s'adresser à Kahel pour une tierce raison... Lui montrer son respect, lui faire des excuses, lui demander un signe, les raisons de faire un itgeh sont nombreuses et variées. La personne qui adresse un itgeh à Kahel le fait genoux au sol, mains posées sur les cuisses et face à l'autel, les mots ne sont prononcés qu'avec les lèvres et dans de rares cas, susurrés, une fois le message passé il est d'usage de remercier Kahel par une des deux expressions. Un itgeh peut s'étendre sur quelques minutes comme sur plusieurs heures... Il arrive parfois que l'on exécute un itgeh sans autel mais ce cas est rare et témoigne de l'isolement d'une personne.
  • Itgolon: Similaire à l'itgeh, il est organisé par un Sethnum, de sa propre initiative ou à la demande d'un khanefet. Un maximum de personne, à défaut de toutes, se rendent face à l'autel, genoux au sol et mains sur les cuisses, le Sethnum se tenant au plus près à l'autel prononce le message à donner à Kahel et les personnes derrières lui le répètent, à la fin, le Sethnum prononce un remerciement et l'assemblée imite à la suite, à l'unisson. L'itgolon est régulièrement organisé au Sanhkahel, jusqu'à plusieurs fois par jour mais n’excède que rarement le quart d'heure.
  • Polneh: Cela consiste à remercier Kahel avant un repas, un instant y est simplement réservé afin de prononcer un remerciement. Le polneh signifie implicitement que le repas et tout ce qui y a contribué est de l'ordre de la Création de Kahel.
  • Baherla: C'est une variation du polneh dans laquelle Kahel est remercié dans la plupart des situations, après un événement heureux, une réussite quelconque... Les prétextes d'accomplir un baherla sont nombreux et très largement divers mais il pourrait être malvenu de trop en faire.